Jardin Massey  |  Castillo  |  Las Monedas  |  Covalanas  |  Altamira  |  Pindal  |  Freixo  |  Foz Côa  |  Mazouco   |  Lespugue  |  & travaux

vendredi 6 et samedi 7 Avril, Foz Coa avec Thierry Aubry, archéologue











> le musée








































Marianne Plo, Ergo glu capiuntur aves, 2003 (détail d'installation).






ODE NON TRIOMPHALE
A VILA NOVA DE FOZ COA

 A Catherine L.


 Je suis allé au Portugal comme invité français à la préfiguration d'une Biennale de poésie à Vila Nova de Foz Côa.

C'est une petite ville au nord-est du Portugal, un peu connue grâce à la récente découverte de gravures rupestres préhistoriques.

Le voyage aller a eu quelque chose de stalker : sutout ne jamais aller directement d'un endroit à un autre.

Entre Bordeaux et Vila Nova de Foz Côa il doit y avoir environ 500 km à vol d'oiseau.

Le voyage aller a pris plus de douze heures, c'est-à-dire que ça a pris le même temps que pour aller à San Fransisco ou à Tokyo.

J'ai quitté Bordeaux le 27 mai à 15 h et nous sommes arrivés à destination le lendemain 28 mai, vers 3 h du matin.

J'avais, comme prévu, rejoint Rémy Hourcade à Orly-Sud, d'ou nous sommes repartis ensemble pour le Portugal.

(Il y a une heure de décalage entre la France et le Portugal qui vit à l'heure du méridien de Greenwich.)

L'itinéraire : en avion, Bordeaux - Paris (1 h) et Paris - Porto (2 h) ; puis, par la route, Porto - Vila Nova de Foz Côa (3 h).

Le chauffeur du 4 x 4, qui était venu nous chercher à l'aéroport de Porto a mis la même cassette de fado durant presque tout le voyage.

Sur l'autoroute il roulait à 100 km/heure, sur les routes goudronnées à 120, sur les route secondaires défoncées à 140.

Malgré la pleine lune, il était difficile de se faire une idée du paysage montagneux que nous tarversions.

Sur un tronçon de route particulièrement défoncé et tortueux, le chauffeur a failli écraser un petit lapin.

A l'entrée de Vila Nova de Foz Côa, le chauffeur s'est arrêté devant un bar où il devait prendre la clef de l'endroit prévu pour dormir.

Il est revenu à la voiture en disant que la clef se trouvait dans l'herbe devant la porte de l'endroit en question.

L'endroit en question était une école d'agriculture. La clef n'était pas dans l'herbe devant la porte. (...)




Emmanuel Hocquard (extrait) , ma haie, Un privé à Tanger 2, éd. P.O.L, Paris, 2011, p. 505 à 516.